Passé:Zephir – Neuvième année.*L'après midi s'annonçait belle et ensoleillé. Le ciel était dégagée du moindre nuage et les vents avaient offerts aux ifs de la forêt un petit moment de répit. Zéphir et son père partaient chasser par cette belle journée d'été. La guilde des Garthesia était une famille de commerçants, mais l'apprentissage de la chasse était néanmoins enseigné de temps à autres.
-Ne pars pas trop loin Zephir ... Tu sais que les bois peuvent être dangereux ...Le jeune garçon rêvait de devenir chasseur. C'était un réel plaisir que de foulée la terre de l'Umber. Faire une communion parfaite avec la nature, voilà ce que Zephir recherchait. Il ne comprenait pas pourquoi ses parents étaient commerçant.
°Quel plaisir peut il y avoir à rester enfermé toute la journée ?° Se répétait le garçon dans sa tête.
Il repensait à cette jeune fille de la famille Hirune, à peine plus jeune que lui, qui était destiné à devenir une grande chasseresse. Comme il l'enviait, comme il aurait aimé être un Hirune.
Sa mère ne comprenait rien, sa mère ne l'aimait pas, il en était certain. Heureusement que son père était là pour l'emmener chasser une fois par semaine. Que serait-il devenu sinon ? Un fou.
Lorsqu'il avait déclaré tout haut ses peurs, sont père lui avait offert un échantillon de liberté:
-Bien mon fils. Si tu juge nécessaire d'apprendre l'art de la chasse, alors nous iront t'acheter un arc dés demain et je te promet devant Hésione, qu'une heure de chaque semaine te sera consacré à ton apprentissage mon fils.Quel sensation d'allégresse avait il ressentit ce jour là ! Quel joie lorsque son père lui avait laissé choisir son arme! Et lorsqu'il avait abattu son premier lièvre !
Sa mère, elle, n'avait évidemment pas partagé les sentiments de son fils. Elle avait regardé son mari d'un œil mauvais et l'avait jugé laxiste. Zephir n'avait pas compris le mot mais avait tout de même fait la tête à sa mère durant une semaine, par principe.
Tout ceci c'était passé un an auparavant et son père n'avait jamais manqué à sa promesse.
Dans le cœur de la forêt, tout en se lamentant silencieusement, Zephir marchait d'un pas léger et discret quelques mètres devant son père. Il écarta doucement un feuillage et fit deux pas en arrière, surprenant un ours en pleine sieste estivale à l'ombre d'un vielle arbre.
L'occasion était trop bonne, il allait montrer à son père qu'il pouvait être fière de lui, qu'il pouvait être digne de lui. Il banda son arc, encocha sa flèche, visa sa cible immobile.
-Non !Le crie de son père était intervenu trop tard. La flèche avait sifflée droit vers la hanche de la bête.
Un enchainement prévisible s'abattit alors: L'ours se réveilla enragé par sa blessure et fondit sur Zephir.
Avant d'avoir réussi à comprendre qu'il avait peut être commis une erreur, son père avait dégainé son épée et s'était interposé entre l'enfant et l'animal.
Quelques minutes plus tard qui parurent interminable à Zephir, l'humain et l'ours étaient à terre, le premier agonisant, le second trépassé par plusieurs coups de lame.
Une flaque de sang s'écoulait d'une plaie ouverte à la cuisse ... Le père de Zephir savait que son heure était venue, et il l'acceptait. Il voulait voir son fils une dernière fois avant de mourir mais l'enfant était déjà partie.
*
**
Zephir - Seizième année.Sept longues années s'étaient écoulées depuis la mort de son père. Il faisait des cauchemars de cette journée de temps à autres. Il se rappelait avoir couru le plus vite qu'il pouvait, avoir couru comme si le serpent de Panpale était sur ces talons. Quand le guérisseur était arrivé, le diagnostique avait été sans appels: Il était trop tard. Oublat Astar, le vieux guérisseur, avait été formel. Il aurait suffit que quelqu'un lui applique les premiers soins et son père serait en vie. Il aurait eu une cicatrice à la jambe et la famille aurait rit de l'histoire lors des fêtes du village.
C'était ainsi que son père était mort, abandonné par son fils.
Zephir avait soulevé la question des dizaines, peut-être des centaines de fois dans son esprit. Et s'il avait connu les gestes, s'il avait été en mesure de le guérir ?
Le passé, il ne pouvait rien y changer, il en était certain. Ce dont il était aussi sûre, c'est que ces cauchemars avaient un sens: Aimar, le dieu de la sagesse, lui expliquait qu'il pouvait changer son avenir, qu'il pouvait être pardonné de ses actes passés par ses victoires sur le futur.
Lors de son seizième anniversaire, alors qu'il était en age d'entrer en apprentissage, il vint s'assoir à la table familiale, en face de sa mère.
-Maman, il faut que je te parle, mais je veut que tu me promette de ne pas m'interrompre. Demanda t-il soutenant le regard méprisant de la femme qui tenait son destin entre ces mains.
-Mais pour qui te prend-tu sale petit ...D'un ton ferme il l'interrompit.
-Mère. Écoutez-moi.Elle acquiesça sans enthousiasme.
-Merci. Je désire devenir guérisseur. J'ai déjà .. Mère ne me regardé pas comme ça ! Laissé moi finir ! J'ai déjà demandé au vieux Oublat de me prendre comme apprenti et de m'apprendre son art. Il est d'accord, il me prendra dans son atelier de travail, me logera lors de ma formation. Il n'exige que votre accord pour ...Ce fut au tour de la veuve d'interrompre d'un ton sec et ferme son fils:
-Hors de question. Tu es un Garthesia, tu te dois de faire survire la tradition familiale... Tu es mon fils unique. La discussion est close.Elle se leva, pour affirmer que pour elle, le débat était terminé. Zephir se leva à son tour:
-Parfait, dit il.
J'avais prévu ton étroitesse d'esprit. J'ai demandé une audience hier à Laclaos. Lui et les érudits m'ont écouté "jusqu'au bout", précisat-il en insistant.
Ils m'ont dit que le village avait besoin impérativement d'une relève pour le vénérable Oublat qui se fait vieux, et que j'étais le premier à m'intéresser vraiment au bien-être de mon peuple grâce à ce métier. Et que ... si tu ne m'offrais pas ton autorisation, eux le feraient...Un silence s'éternisa. Puis une gifle vola et vint heurter avec fracas son visage. Par un effort de volonté, il resta impassible.
-Je pars ce soir maman.
D'un regard de sa mère, il vit brillé toute la haine et le mépris qu'il lui inspirait. Elle le rendait responsable de la mort de son père. Il le savait et ne pouvait plus le supporter.
-Tu m'a ôté mon droit de décision, je t'ôte le droit de m'appeler « mère ». Cette maison n'est plus la tienne. Dehors. *
**
Zephir - Dix-neuvième année.Les nouvelles vont vite en Arestim. Deux jours après que sa mère l'ai reniée, tout Arestim était au courant. C'est avec une agréable surprise qu'il s'aperçut que le village lui était solidaire. Il comprenait enfin le vieux dicton que lui rabâchait son père:
"L'enfant Olaril, Par la force douce, Sera protégé du péril, Accueillit par tous."Son apprentissage se passait bien. Sa formation lui demandait Concentration, Curiosité, et Habilitée. Il possédait déjà l'habilitée et la curiosité, le travail s'effectuait donc uniquement sur la concentration du garçon. Ce fut par une matiné d'été que le vieux Oublat l'envoyât pour la première fois chez l'herboriste du village, chercher des simples. En arrivant à la boutique, il fut accueilli par un vieillard, sans doute du même âge qu'Oublat. Les plantes médicinales étaient intéressantes, il adorait sa formation, mais il aurait préféré quand même être au village, à partagé sa matiné avec de jeunes femmes belles et insouciantes.
-Bonjour à vous, je désirerais des feuilles fraiches de Pourpier, des racines d'Arnica, des feuilles séchés d'Asaret, et des ...C'est alors qu'il la vit. Cette femme au long cheveux noires d'ébène était si belle, si savoureuse. La regarder travailler était un réel plaisir des yeux. Il l'a reconnu alors comme étant sa cousine, Kermaat.
Kermaat, était dans ses souvenirs une fille au fort tempérament qui jouait avec lui dans les arbres quand ils étaient encores des enfants. Depuis, elle avait tellement changé ! On aurait dit ses formes sculptées par la déesse de la beauté elle-même. Sa poitrine généreuse faisait à présent rougir n'importe quel homme; et sa bouche, sa bouche était si attirante...
Et ces yeux ? Qu'était il arrivé à son œil ? Elle portait un bandeau désormais, un accessoire qu'il ne se rappelais pas avoir vu sur la jeune fille de ces souvenirs.
Mais oui ! Il se souvenait, sa mère l'avait prévenu que sa cousine avait eu un accident avec une plante... et un acide.
Le bandeau lui donnait un certain charme en fait ...
Était-ce donc cela que les adultes appelaient le coup-de-foudre ? Son cœur battait dans sa poitrine comme un tambour sur le champ de bataille. Sa respiration s'était accélérée; des gouttes de sueurs perlaient sûr son dos. L'amour s'était abattu sur lui sans prévenir, il en était certain.
Il mis quelque seconde avant de bien comprendre les implications que ces sentiments apportaient. Il était amoureux, il en était certain.
Elle était si ...
-Hé ! Gamin .. Autre chose ? Il reprit ces esprits derechef, honteux d'avoir écarté de ses pensées le vieux marchand.
-Eu, pourriez-vous me rajouter quelques graines de Genévrier s'il vous plait.L'herboriste partie chercher les ingrédient.
Toutes ces pensée retournèrent alors vers elle.
°Kermaat ... Douce rose de ma vie ...°Il repensa tout-à-coups aux années passées sans qu'il songe à elle. Qu'elle piètre cousin faisait-il ! La jeune fille avait perdu son œil, et lui ne lui avait montré qu'absence et ignorance.
Il était sans aucuns doutes un très mauvais cousin ... Mais peut lui importait. Une partie de lui-même; non tout son être plutôt; désirait ardemment que Kermaat soit plus que sa simple cousine.
Il fallait qu'il lui parle, qu'il lui exprime ses sentiments.
Il s'avançait vers elle lorsque ...
-Autre chose ?Le vieux bougre lui tendait son paquet. Il mit un instant avant de comprendre qu'il n'avait plus aucune excuse pour rester. Il se retourna, pris son paquet et sortie en remerciant le maître herboriste. Il marchait vers l'atelier d'Oublat en repensant encore à sa cousine.
°Kermaat ... Étoile de mes nuits ...°Il le savait, sa vie se ferait avec Kermaat. Elle deviendrait sa femme, ils auraient des enfants qu'ils chérirait jusqu'à devenir vieux.
Quelle perspective d'avenir séduisante !
C'est à ce moment qu'il fit intérieurement son serment devant les dieux. Son cœur ne battrait plus que pour elle; ses lèvres n'effleureraient aucunes autres que les siennes; son âme ne s'unirait qu'avec Kermaat.
Il s'en fit le serment.
*
**