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 La Légende

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Le Conteur
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MessageSujet: La Légende   Dim 23 Déc - 14:06

Il faut savoir que les Olarils ignorent une partie de cette Légende. Nous y reviendront plus tard, pour l'heure, voici ce que les Tables racontent :

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Il y a de cela dix générations, alors que les Olarils, notre Peuple, vivait dans une barbarie et une ignorance presque totale, les Dieux descendirent en Arestim pour leur apporter la Connaissance et la Sagesse. Nous avons tout de suite su qu'ils étaient divins : sur leur monture aux reflets d'or, ils avaient traversé la Terrible Gérax et avaient survécu aux Insurmontables Ilgéraxans, ce peuple des Ténèbres aux allures terrifiantes. Ils étaient plus grands que nous, leur corps plus musculeux, et leur intelligence était inégalée.

Ils n'étaient cependant que six à avoir réussi à passer la chaîne des Monts de la Gérax, et ils semblaient exténués. Même les Dieux ont besoin de repos... C'est pourquoi nous leur avons offert la chaleur de nos feux et la douceur de nos matelas de paille. Alors que nous conduisions leur chevaux dans un pré verdoyant, nous découvrîmes qu'ils n'étaient pas différents de nos montures : mais ils avaient recouverts leur flancs d'une carapace à la fois résistante et légère, n'altérant aucun de leurs mouvements et protégeant les animaux des coups qu'ils pourraient prendre. En y regardant de plus près, nous avons découvert que les Dieux eux même avaient recouvert leurs peaux de cette armure.

A leur réveil, ils nous contèrent brièvement leur histoire, et tout ce que nous avons su alors, c'est qu'ils voulaient rester parmi nous, pour nous apprendre leur savoir et nous enseigner à vivre mieux. Ce ne fut pas simple de sortir de notre ignorance, mais les Divinités étaient diplomates et pédagogues, si bien qu'en quelques mois, ils nous avaient métamorphosés. Nous qui peinions à dompter les chevaux et le feu du Ciel, nous étions désormais capable de capturer nos montures sans mal, et nous avions enfin le pouvoir de garder durablement le feu, sans avoir à attendre un éclair.

Nous avons appris d'eux tout ce que nous avons encore aujourd'hui, et nous avons également appris à les connaître :
Le Chef des Dieux était un homme haut et massif, à la stature noble mais au caractère tempétueux. Il possédaient des yeux si effrayants lorsqu'il était en colère, que personne ne souhaitait se trouver sur son chemin en ces instants-là. Malgré un caractère indomptable, Bakarne était un homme que l'on honorait car il savait pressentir les séismes dont nous souffrons toujours actuellement.
Sa compagne était la seule à savoir l'adoucir, la belle Hegoa, qui était enceinte lorsqu'ils arrivèrent en Arestim. Plus grande que toutes les femmes de l'époque, elle avait un visage doux et une voix maternelle, son corps aux formes rondes et rassurante était un véritable soleil les jours de fortes pluies. Elle était très appréciée, des hommes comme des femmes, car elle savait apaiser les cœurs et les âmes.
Les quatre autres Dieux étaient plus jeunes que le Couple, et nous avons supposé qu'ils étaient leur enfant, sans pourtant en être certain. L'un d'eux, Aimar, était un homme plutôt grand et très fin, à l'intelligence hors norme. Il fut le principal enseignant de nos savoirs, son esprit rapide nous ayant apporté bien des progrès. Cependant lorsqu'il s'agissait d'agir sans peur, il n'était pas le premier à se lancer dans les batailles, c'est pourquoi les plus mauvais esprits le qualifièrent de lâche et de peureux.
Panpale, ne réussit que peu à s'intégrer à notre Peuple. Restant souvent à l'écart lors des repas, il fut cependant vite le moins aimé de ces six Dieux qui nous voulaient du bien. Lui, au contraire, ne semblait pas vouloir nous apporter sa connaissance, ne sachant que mentir aux êtres les plus faibles, et nous soufflant des pensées peu honorables. La seule chose dont il paraissait être fier était son talent de commerçant, car il pouvait en effet nous convaincre d'acheter tout et n'importe quoi. Il avait pour seul compagnon un serpent aux allures effrayantes, que tous craignaient.
Hésione, la si fière Hésione... Elle a apporté à notre Peuple la connaissance de la Chasse. Lorsque les Dieux sont arrivés, chaque homme a rêvé d'Hésione durant des nuits entières, tant elle était fascinante. Une femme fougueuse, farouche et déterminée, à la silhouette svelte mais racée d'une louve. Nous avons tous espéré qu'Hésione nous prenne pour mari, mais elle resta toujours seule, accompagnée de son arc et sa dague. Si nous aimions sa féminité noble, nous prenions garde à ses changements violents de caractère, la rendant souvent hargneuse et capricieuse. Aujourd'hui encore, les Chasseresses des Olarils sont nommées les Filles d'Hésione, en son honneur.
Enfin, Filhakan, le dernier des Dieux, était un véritable filou. Plutôt petit mais d'une malice sans pareille, il était rieur, drôle et astucieux. Il nous apprit à rire chaque jour, nous apportant jeux et boissons pour nous détendre d'une journée de labeur. Mais il était aussi un invraisemblable libertin. Combien de femmes ont été séduite par Filhakan durant sa vie en Arestim, il est impossible de compter, tant elles sont nombreuses. Avec ses airs sympathique et son humour irrésistible, ce petit gredin savait faire fondre les demoiselles comme les grands mères. Il se fit détester d'une bonne partie des hommes du Village, mais fut toujours secourut par Hésione.

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Extrait des Tables d'Olaria - 1er Chapitre, par Diron Edorta.


Dernière édition par Le Conteur le Dim 18 Jan - 15:16, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La Légende   Ven 4 Jan - 21:07

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Les Dieux ont vu, à eux seuls, deux générations d'Olarils s'épanouir. Mais il nous parut normal à tous, qu'après tant d'années passées à nous enseigner ce que nous étions devenus, après avoir traversé des mers et des montagnes, qu'ils soient fatigués de la vie, et qu'ils devaient s'éteindre.
Aussi, les Divinités allèrent consteller le Ciel de leur savoir et de leur pouvoir, chacun l'un après l'autre dans un intervalle malheureux. Leur Apothéose survint sans que nous ne puissions ressentir de peine, même si leurs apprentissages seraient absents désormais. Durant 6 jours et 6 nuits, nous les avons fêté dignement, sachant combien ils avaient été nécessaires à notre Peuple, et les louant sans cesse pour leur bienfaits.

Ce fut au matin du lendemain que mon Père, Falanos Edorta, fils de Diron, me fit son héritier. J'entrais alors dans la confidence, ce secret que les Dieux et les Chefs d'Arestim gardent avec autant d'efficacité. Mon Père me montra un Livre, un livre semblant si vieux, qu'il me sembla avoir plus d'ans que la Gérax éternelle elle même. Il me lut un chapitre, puis deux. Et je découvris avec étonnement que cet ouvrage si ancien ne contenait que peu d'écrits lisibles, laissant des centaines de pages vierges de toute écriture.

Il m'apprit la véritable origine de ce Livre. Il s'agissait des Tables d'Olaria, ce manuscrit que les Dieux eux même avaient apporté lorsqu'ils avaient franchi les palissades d'Arestim Dominae, plus de cent ans auparavent. Un feuillet d'or séparait l'ouvrage en deux : la première période portait des inscriptions indistinctes, dont aucun de nous ne pouvait comprendre le sens, et dont tout, jusqu'à l'encre utilisée, était un mystère. Il y avait cependant des croquis, représentant des chimères et des créatures imaginaires si incroyables que beaucoup me firent peur malgré mon âge avancé.

La seconde partie des Tables était constituée de deux chapitres, les deux que mon Père m'avait lus peu avant. Je reconnaissais facilement les symboles utilisés, puisqu'il s'agissait de notre langue, et que l'écriture du second chapitre était de la main de mon Père lui même. Il y contait son histoire, son apprentissage effectué par son père, Diron, l'apport des Dieux, certains entretiens qu'il avait eu avec eux.
Mon Père me révéla le but des Tables d'Olaria.

Il serait l'héritage le plus digne que mon Père me ferait à sa mort, bien plus précieux que le pouvoir de gouverner lui même, bien plus important que ma propre vie. Les Dieux en avaient décidé ainsi : chaque Chef prendrait de son prédécesseur les Tables d'Olaria et y inscrirait l'histoire entière des Olarils, pour que jamais ne se perde le Savoir qu'avait enseigné les Divinités à notre Peuple. La condition à tant de Connaissance serait le secret... Mon Père me narra comment Bakarne le Tempétueux vint le voir le soir où Diron expira son dernier souffle. Semblable à un bœuf immense, aux yeux féroces, il insista pour que jamais les Tables d'Olaria ne tombent entre les mains d'autres personnes que celles du Chef.

Il le prévint des terribles fléaux qui s'abattraient sur Arestim Dominae si mon Père ne respectait pas la volonté des Dieux. Et il m'avertit également, ce jour là, de ce que je ferais encourir à mon Peuple si je ne suivais pas les souhaits divins. Il m'expliqua alors qu'il me considérait comme son héritier unique, car je représentait ce dont les Olarils avaient besoin, je savais être juste mais ferme, et que j'avais pour moi un profond respect des Dieux.

Je fus si fier lorsqu'il baisa mon front, que je me rendis compte quelques secondes plus tard qu'il avait rejoint à son tour le Panthéon. Depuis ce jour où la Vérité m'a été confiée, j'inscris sur les Tables d'Olaria l'histoire de mon Peuple, et espère que mes écrits enseigneront à mes Successeurs la Sagesse.


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Extrait des Tables d'Olaria- 3ème Chapitre, par Silvar Edorta


Dernière édition par Le Conteur le Jeu 28 Fév - 21:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Légende   Jeu 28 Fév - 21:44

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Il fut un jour où les Dieux ont su lire enfin. Leurs yeux étaient, avant cette date, bouchés par d'humbles sentiments, qu'étaient la compassion et la simplicité, mais qui sont aujourd'hui désuets face au monde qui nous entoure. Il fut alors le temps pour Eux de nommer comme Chef un homme capable de mener ce puissant peuple Olaril vers les gloires qu'ils méritent pleinement, et qu'ils n'osaient empoigner depuis tant d'années.
Les Divinités ont eu assez de temps, depuis la montée de Diron, pour constater leur négligence d'avoir laissé la Famille Edorta tenir le flambeau d'Arestim Dominae bien trop bas. Les conséquences ont été élémentaires : la Lumière n'a pas éclairé les âmes, les rendant certes tranquilles, mais aussi plates, lisses et sans volonté d'aller de l'avant qu'une outre vide. Car les Olarils n'ont pas pour Destinée de rester prostrés dans une position passive et morne, se complaisant dans un quotidien amorphe et sans saveur.

Les moutons qu'ont été, depuis cinq générations, les fils Edorta ne sont plus désormais, et les Tables d'Olaria m'ont été confiées au matin de la mort d'Espertana, nièce de Silvar. Première femme à gouverner notre Communauté, mais aussi la première à avoir su lire en notre sang la force que le Destin avait fait naître en lui, et la seule à oser rayer son nom au profit de ce qui était Noble et Puissant. Il était l'heure pour les fils Hirune de gouverner, de prendre en main le peuple d'Arestim Dominae pour qu'il ne tombe pas dans l'oubli insipide auquel il aurait été voué si les enfants d'Espertana avaient été nommés Chef à sa suite.

Je veux que les générations futures sachent comme cette femme a été courageuse, bravant sans crainte les volontés de ses paires pour me choisir, moi, Garhan, en dépit des menaces, des mises en gardes inutiles de ses confrères. Elle sut faire le Bien des Olarils en me choisissant, et je chéris chaque soir l'instant où mon chemin a croisé le sien. Ce jour là fut celui où j'ai pu élever notre Peuple, le rendre Grand. Les Hirune ne laisseront plus Arestim Dominae crouler sous la faiblesse et le manque d'ambition.

Je vois de grandes choses pour mes Frères et mes Soeurs.


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Extrait des Tables d'Olaria - 5ème Chapitre, par Garhan Hirune.
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MessageSujet: Re: La Légende   Ven 13 Fév - 15:59

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Je les entends. Je les entends dans mon sommeil et lorsque s'assoupissent mes paupières. Ils me pensent fous, tous, chaque Olaril m'offre un regard entre pitié et frayeur, je le vois ! Pourtant, pourtant je suis le Chef, et aucun ne devrait prétendre porter sur moi de tels yeux. Songent-ils que mes craintes soient imaginaires et loin des réalités de mon Peuple ? Ils ne savent rien des préoccupations d'un Chef !

Mais désormais, je sens mes plus grandes terreurs s'assombrir bien plus encore, et les Erudits eux-mêmes sont venus me trouver pour me questionner. Ils veulent lire les Tables, mais je ne leur permets pas ; ils voudraient savoir si ces phénomènes se sont déjà produits par le passé. Mais Non. Jamais, jamais ils n'auront le privilège des Chefs. Les Tables d'Olaria sont à moi !

Ils comprennent désormais mes peurs : la Gérax, la Gérax si haute, qui renferme tant de Maux, ces cimes imposantes, voilà ce que je vois, et depuis deux jours, elle nous menace ! Depuis deux jours, revoient-ils leur jugement envers moi ? Ai-je désormais tord de craindre ces Monts Immortels et Infranchissables, qui dans leurs couleurs noire et blanche étendent leur ombre jusqu'au Village ? Cette fumée qu'elle rejette, la Gérax nous l'envoie comme un signe annonciateur, comme une menace de Mort que j'étais le seul à craindre.

Mais aujourd'hui, les Olarils frémissent eux-aussi ! Certaines nuits, comme moi, ils perdent le sommeil au moindre murmure des Montagnes, car elles grondent, parfois, dans un tremblement de la terre, bref mais terrifiant. Je le savais, et, eux, m'ont-ils écouté ?! La Gérax et ses Créatures Immondes veulent attaquer le Village, même les Prêtres n'ont pas d'explication... Ils colportent de fausses rumeurs, les Chiens !

Ils prétendent que les Dieux sont mécontents, mécontents du choix de Garhan, mon prédécesseur et fidèle cousin, qu'ils ont été furieux de mes décisions. Mensonges ! Les mouvements du Sol et l'épais brouillard noir qui sort du sommet d'un des Monts de la Gérax ne sont pas le fait des Divinités, mais les prémices d'une Guerre qui désormais semble inévitable, entre les Ilgéraxans et les Olarils. Je dois avertir mon peuple : à partir d'aujourd'hui, nous ne serons plus en paix !

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Extrait des Tables d'Olaria - 6ème Chapitre, par Laaryn'Far Hirune.
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MessageSujet: Re: La Légende   Ven 2 Oct - 21:47

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Lorsque mon pauvre ami, Laaryn'Far, me demanda de venir le retrouver une nuit sans lune, pour me souffler quelques mots incompréhensibles, parlant de complots, d'assassinats, et lorsque je vis la peur dans ses yeux, je compris immédiatement qu'il ne verrait pas le levé du jour. Il avait donné rendez-vous aux Erudits, et c'est devant eux qu'il annonça sa volonté que je prenne sa suite.

Comme un soulagement, le temps redevint clément à sa mort, la Gérax cessa de gronder et de rejeter vers le ciel ce nuage de fumée d'un noir profond, qui nous faisait tous trembler, craignant l'attaque des Dieux ou des Ilgéraxans. Mais tout semble s'adoucir, le sol ne frémit plus, et je n'eus plus qu'un seul souhait pour les Olarils : faire d'Arestim Dominae un lieu de paix. Car les craintes fantasmagoriques de Laaryn'Far l'avaient poussées à étendre par delà des palissades les gardes Olarils, il suspectait les Créatures venus de la Gérax de vouloir nous assaillir.
Pourtant, aucun signe ne pouvait être lu dans les astres, et bien que nous sachions que les Monts soient maudits par ces Bêtes sanguinaires, et que nous ne devions pas nous en approcher sous peine d'être égorgés, rien n'indiquait que les Ilgéraxans voulaient attaquer le Village.

Je ne pouvais laisser le Peuple songer à la guerre, et il était de mon devoir de les protéger, de les rassurer, et de faire cesser ces peurs en eux, peurs qui les rendaient agités, méchants et cupides. Aussi, j'eu pour projet de toujours donner aux Olarils de quoi se défendre, afin qu'ils soient soulagés : il est étonnant de voir comme une simple lame, sous un matelas, pouvait leur permettre de dormir tranquille.
Nos forges n'ont jamais été aussi belles et puissantes, et je suis fier du travail opéré par les honorables Alagareth dans cette tâche.

Une fois la sécurité faite en Arestim, je constituais une petite troupe et entreprit ce qui semblait être, une pure folie. Prétextant une mission de reconnaissance, saluée par le Peuple, j'étais en route vers la Gérax, avec une douzaine d'Olarils les plus courageux, en qui j'avais confiance. En nous enfonçant dans les Monts escarpés, je sentais le froid souffle de ces terrifiantes Créatures nous entourer, et nous avons mis près de sept jours à gravir les sommets. Nous ignorions ce que nous allions y trouver, et si nous reviendrions vivants, un jour, revoir nos femmes et nos enfants. Lorsque les silhouettes abominables des Animaux de la Gérax nous entourèrent, nous nous crûment perdus...
Je me souviendrai, à jamais, de l'apparence cauchemardesque de ces Bêtes, et je ne sais s'ils nous comprirent, mais lorsque j'ouvris la bouche pour leur annoncer haut et fort que nous venions en paix, ils ne nous tranchèrent pas la gorge.

Sept jours furent nécessaires à nouveau, pour nous enfoncer plus encore dans les crevasses enneigées, deux de mes valeureux hommes périrent dans ce froid infernal, et au huitième jour, j'entrevis la Créature qui semblait avoir autorité sur les Ilgéraxans... Les sons qu'ils prononçaient étaient inaudibles, je ne comprenais pas ses mots, mais il paraissait toujours acquiescer lorsque je parlais, ce qui me faisais frissonner d'effrois, malgré mon courage.
Par signes rapides et sifflants, il m'exprima ce qu'il attendait de nous, avant même que nous puissions annoncer ce que nous étions venu demander. Les menaces étaient claires malgré la barrière de la langue : si les Olarils s'approchaient trop de leurs Terres, ils seraient tués sans hésitation, et ils garderaient leurs cadavres. Je tremblais : les mangeaient-ils ?

Je réussis cependant à convenir, avec lui, à force de la patience et de signe de confiance, qu'ils ne soit fait aucun mal à mon Peuple, et qu'en l'échange d'un périmètre restreint dans la Gérax, ils soient simplement relâchés au pied des Montagnes lorsque par mégarde, l'un d'eux viendrait à pénétrer trop loin dans leur domaine.
Il claqua la langue, je ne compris pas tout de suite ce que cela signifiait, mais lorsque les Ilgéraxans nous accompagnèrent sur un sentier escarpé, vers l'Ouest, je sus que nous avions eu ce que nous souhaitions : un accord, une sorte de pacte, et l'assurance, pour les Olarils, de pouvoir extraire le minerais nécessaire à leur expansion.

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Extrait des Tables d'Olaria - 7ème Chapitre, par Riverderon Edorta.
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