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| | | Chez l'Herboriste (sujet commun BOUTIQUE) | |
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| Auteur | Message |
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Glyssiin Aryassat Famille Astar


Nombre de messages: 257 Age: 19 Date d'inscription: 20/06/2008
.:: Le Carnet ::. Âge du Personnage: 20 Profession: Saltimbanque
 | Sujet: Re: Chez l'Herboriste (sujet commun BOUTIQUE) Jeu 28 Aoû - 10:17 | |
| [Erf, sorryyyy >< Je manque de temps pour le PC en ce moment, et ça n'ira pas en s'arrangeant, malheureusemebnt ><] Manifestement, le chien aimait les gratouilles. Ce fut donc avec énergiqe que Glyssiin lui en prodigua, tandis que l'Herobriste gérait comme elle le pouvait son fort peu discret parzent. Oh, non pas que les sentiments soient faits pour être dissimulés, loin s'en fallait! Mais enfin, soyons réalistes: ce genre de tirade surprenait souvent dans la bouche d'un homme -virilité oblige, probablement.
'Reçois mes salutations, Mon Cousin, à la condition que cette bouche ne prononce plus aucune fadaise.'
Ah? Un amour à sens unique? Voila qui pouvait être intéressant par bien des points. Oui, la curiosité est un vilain défaut, mais que voulez-vous... On ne peut pas s'empêcher de l'éprouver. Et tant que Glyssiin se contentait d'échaffauder des hypothèse, ou était le mal? Nulle part: il n'y en avait pas.
'Euh... Bien... Ok... J'vais attendre que tu aie terminé... D'accord ? Euh... Pour mes plantes bien sûr...'
Oui, oui, pour ses plantes. Glyssiin secoua absentément l'oraille du cabot, sans vraiment prêter attention à ce qui l'entourait. Décidément, on pouvait parfois apprendres des tas de choses chez une herboriste, que ce soit sur les inclinaisons du coeur d'un guérisseur ou bien...
'A appliquer tous les matins sur vos verrues plantaires, jusqu'à assèchement complet. Je peux vous l'échanger contre une belle plume de vautour.'
Des verues pkantaires... Ca allait assez mal à cette femme, trop sèche pour être sujette à ces choses si moites. Et puis bon, des verrues, quoi: ça n'était pas vraiment chouette à la base, comme sujet. La saltimbanque laissa un sourire errer sur ses lèvres. A la limite, quelque chose contre les coups de fatigue l'aurait moins surprise... Mais après tout, on ne choisissait pas ses maux.
'Je vais vous la prendre...je n'ai pas de verrues, mais il vaut mieux en avoir à portée de soi, n'est-ce pas ?'
Répobnse sans surprise. Les Verrues n'étaient pas le problème qu'on admettait le plus volontier. La Chasseresse accorda deux plumes à l'Herboriste et fit disparaitre l'étrange fiole orange dans les pans de son manteau, avant de saluer l'assistance:
'Sur ce, au revoir messieurs dames. Nous nous croiserons aux jeux de Bakarne très probablement.'
Ah, oui, les jeux de Bakarne. Ils avaient été avancés, cette année là, et tous se demandaient bien pourquoi. Glyssiin en tout cas restait parplexe à ce propos: ou était l'utilisé de perturber une tradition séculaire? Sans doute y avait-il un raisonnement politique, qui avait mené à cela, mais enfin, elle ne le saisissait pas. Bah. Dans le pire des cas, ce serait l'occasion d'affronter d'autres Olarils un peu plus tôt que prévu... Il lui faudrait songer à s'entrainer.
La Saltimbanque salua d'un signe de tête le départ de l'ainée Hirune, puis se tourna de nouveau vers la femme à l'oeil unique avec un sourire.
"Bien, je crois que c'est mon tour. Comme je vous l'ai dit, je désire un assortiment de simples, s'il vous plait."
Et, en attendant que Kermmat la serve, elle détacha quelques bracelets de son poignet, ainsi que le collier qui soulignait sa cicatrice: cela devrait suffire. |
|  | | Kermaat Garthésia Famille Garthesia


Nombre de messages: 136 Age: 25 Date d'inscription: 27/02/2008
.:: Le Carnet ::. Âge du Personnage: 40 ans Profession: Herboriste
 | Sujet: Re: Chez l'Herboriste (sujet commun BOUTIQUE) Ven 29 Aoû - 17:15 | |
| L'Herboriste avait cherché à rester la plus commerçante possible, tout en affichant tout de même une mine affirmée, qui se trouvait tirer entre la sympathie et l'assurance. Cette assurance, ce n'était pas naturel : fourrée de complexes, elle était rarement sure d'elle, mais en présence de clients, souvent, elle était bien différente de la réalité des choses. Aussi se trouvait-elle souriante, comme souvent, d'ailleurs. Une fois son dut reçu, elle lissa les plumes d'un air entendu, visiblement satisfaite de cette paie et elle se hissa sur la pointe des pieds, de nouveau, pour pouvoir poser des plumes de vautour jusqu'à une étagère branlante. Mais rien ne tomba : elle était vide, et ce n'était pas le poids des deux plumes qui pourrait la faire chavirer pour de bon.
Le verre éparpillé au sol était encore gisant, mais Kermaat ne s'en occupait toujours pas, même, il semblait qu'elle avait oublié... Vint alors le tour de la jeune Saltimbanque, que l'Herboriste trouvait bien plus agréable que sa congénère Hirune. A l'évocation des Jeux de Bakarne, cependant, elle n'acquiesça pas : irait-elle seulement ? Certes, en tant que spectatrice, mais s'exposer à la vue de l'assistance Olarile toute réunie pour regarder les épreuves sportives et conviviales lui faisait horreur. Elle détestait être à la vue, que chacun puisse se moquer d'elle, songeait-elle, en la voyant si ronde.
Chassant ces pensées néfastes de son esprit, pour se concentrer sur les besoins de Glyssiin, Kermaat indiqua d'un signe de tête qu'elle avait tout ce dont elle pouvait rêver. En quelques minutes d'attente, déjà, l'Herboriste était revenue, d'entre plusieurs rayons, allées tortueuses et pleines d'embûches. Elle tenait une poche -sans doute un organe d'un animal quelconque- remplie de plantes médicinales. Certaines, odorantes, laissaient leur parfum emplir l'air déjà tant chargé en arômes divers. Une note poivrée se distingua, rapidement effacée par quelque chose de plus doux : de la camomille.
" Voici ce que vous avez demandé. " Kermaat eut un petit sourire, sympathique. " Je pense que tout ceci convient amplement. " Comme elle semblait évaluer les différentes valeurs des breloques tendues par la Saltimbanque, l'Herboriste, qui n'appréciait pas d'arnaquer ses clients, se pencha pour attraper un petit flacon contenant une poudre blanche.
" Voilà, je pense que nous sommes désormais de valeur égale. " Elle eut un clin d'oeil : ce geste pourtant banal rendait son visage désagréablement disgracieux, du fait de l'absence d'un autre oeil, pour rendre le mouvement malicieux.
" C'est du sel du Raun. " Précisa-t-elle avec gourmandise. Mais, déjà, elle repensait à Zéphir, qui devait l'attendre. L'anxiété d'avoir à l'affronter refaisait surface : elle appréciait son cousin, avoir à rejeter son amour depuis tant d'années la rendait nerveuse et triste.
Comme si cela jouait sur son moral, elle mit un terme à l'échange entre elles deux.
" Au plaisir de vous revoir prochainement chez moi. N'hésitez pas ! " Elle eut cependant un grand sourire, sincère. En raccompagnant la cliente vers la porte, elle eut un coup d'oeil rapide pour le Garthésia qui patientait.
" Bien... Zéphir. " Elle soupira, regardant s'éloigner la Saltimbanque.
En faisant quelques pas, Kermaat sentit la migraine, déjà, la gagner. Avoir à encore s'expliquer, se sentant incomprise face à ses assauts, lui donnait des maux de tête, elle se massa les tempes.
" Tu ne devrais pas être là, des gens ont besoin de toi, j'en suis sure, dans le Village. Va-t-en les soigner. " Gronda-t-elle, décidée à être franche. Si elle se laissait attendrir, elle savait qu'il souffrirait bien plus encore.
" Allons, sors de ma boutique, j'ai du travail !" Insista-t-elle en le tirant lui aussi vers la sortie.[j'écourte ce topic pour ne pas vous bloquer durant mon absence ! Au 15 septembre ^^] |
|  | | Zephir Garthesia Décédé


Nombre de messages: 205 Date d'inscription: 14/08/2008
.:: Le Carnet ::. Âge du Personnage: 34 Profession: Guérisseur
 | Sujet: Re: Chez l'Herboriste (sujet commun BOUTIQUE) Dim 31 Aoû - 23:37 | |
| -Mais ... Mais Kermaat .. Je ... je...
Même pas le temps de bégayer. Jeter dehors comme un malpropre. En fait le plan infaillible de Zephir venait d'un coup de perdre de son élégance. Il n'avait même pas réussi à lui parler, rien du tout. Peut être n'était elle vraiment pas amoureuse? Peut être même qu'elle le trouvait écœurant? Peut être que ...
Ohhh ! Il fallait arrêter les "peut être". Pourquoi se torturer l'esprit ? Il n'allait pas mourir ce soir, il aurait du temps pour lui parler. Quoi que ? Mourir se soir ? Il se sentirait moins ridicule que dans l'instant présent. Il lui fallait retrouver ses idées claires, il devait faire le point, seul. Ou pourrait il bien aller ? Chez Irae ? Sa taverne est calme, mais pas assez déserte pour Zephir. Il lui faut plus que du calme: Il recherche la solitude.
Parfait parfait alors dans ce cas le mieux serait ... Hum ... A oui ! Le Delta ! L'endroit ne connait pas de visiteurs plus gros qu'une mouette en générale. Ce sera parfait pour ses réflexions intérieures.
Zephir marche tout en réfléchissant, vers le Raun. Un chien le suit de près. Ah oui, ce bon vieux Fid', comment a il put l'oublier? Le cabot, lui, ne le quitte pas des yeux en tout cas. Alors le pauvre homme s'arrête et s'accroupit pour se mettre au niveau de l'animal: -Désolé vieux frère mais je voudrais être seul pour une fois ... S'il te plait ... Un grognement de ce qu'il y a de plus sérieux s'ensuit. Puis un autre, plus pittoresque. Enfin des yeux triste fixe Zephir. -Mais t'inquiète pas, on se voit se soir à la maison, je serais rentrée à l'heure du diner. Allez, sois sage.
Et après avoir glissé un baiser fraternel sur le front poilu de la bête, Zephir se lève et se dirige, vers les Côtes à Pic, merveilleux joyaux sauvages du Delta.  [De la boutique de l'herboriste vers les Côtes à Pic] |
|  | | Glyssiin Aryassat Famille Astar


Nombre de messages: 257 Age: 19 Date d'inscription: 20/06/2008
.:: Le Carnet ::. Âge du Personnage: 20 Profession: Saltimbanque
 | Sujet: Re: Chez l'Herboriste (sujet commun BOUTIQUE) Lun 1 Sep - 9:19 | |
| Il ne fallut guère de temps à l'Herboriste pour revenir avec ce que Glyssiin lui avait demandé. Une besace pleine de simple qui embaumaient fut donc rapidement placée entre les mains de saltimbanque.
'Voici ce que vous avez demandé.' [...] 'Je pense que tout ceci convient amplement.'
Kermaat rajouta un flacon de poudre blanche avant de se saisir des bijoux qu'on lui tendait, et que Glyssiin regarda s'éloigner sans vraiment de regret. Des bracelets, elle pouvait s'en fabriquer d'autres elle-même si elle en voulait. Quant à son collier, il n'était pas indispensable. Ce n'était pas comme si elle tenait absolument à mettre sa cicatrice en valeur.
'Voilà, je pense que nous sommes désormais de valeur égale.'
Un clin d'oeil déroutant fut décoché, que Glyssiin accueillit avec perplexité. Non pas qu'elle ne connût pas l'intention qui se cachait généralement derrière ce genre de geste! Simplement, l'absence de deuxième oeil rendait l'expression très différente de ce à quoi on était habitué, ce qui surprenais assez.
'C'est du sel du Raun.' [...] 'Au plaisir de vous revoir prochainement chez moi. N'hésitez pas !'
La Saltimbanque salua d'une courbette, un sourire aux lèvres puis, après une dernière gratouille derrière l'oreille du chien, elle saisit son sac d'herbes, vissa son couvre-chef sur son crâne et s'éloigna sur la route sans un regard en arrière.[Un peu court, mais bon... c'est un dernier message, hein ^^] |
|  | | Invité Invité

 | Sujet: Re: Chez l'Herboriste (sujet commun BOUTIQUE) Sam 27 Sep - 9:10 | |
| °Que ces humains sont compliqués ...°
Tout le monde sortait de la boutique de La-Fleur-Qui-Sent-Fort. Elle les chassait comme une louves chasseraient des intrus de son territoire, songea-il. Elle chassait même La-Femelle-Qui-Gratte-Le-Dos qui avait arrêté aussi vite qu'elle avait commencé à papouiller le dos de Fidèle. Bon, il ne lui restait plus qu'a retourné auprès de Zephir, il ferait l'affaire pour cette fois.
-Wh'uf ?!
C'était plus un couinement qu'autre chose à vrai dire. Zephir n'était plus ici, il avait disparut, il l'avait quitté. Sacrilège ! Quel fouine, quel vermine, quel ingrat ! Oser l'abandonner alors qu'il s'était occupé de lui durant toutes ces années ! Alors qu'il avait été un ami loyal ! S'il avait été un chat, (et que le dieu des cabots l'en préserve) ses poils se seraient hérissés !
Il tournait sur lui même, dans tout les sens, puis l'aperçu dehors, en train de partir, sans même se retourner. Il sortit au petit trot et le rattrapa assez vite. Il hésita à lui mordre le mollet, pour lui montrer qui était le chef ici.
Un petit appel discret suffit. Zephir se retourna d'un air las et désolé typique des humanoïdes, s'accroupit en formulant une de ses longues phrases dénuées de tout sens canin: -Désolé vieux frère mais je voudrais être seul pour une fois ... S'il te plait ...
Seul ? Alors comme sa, c'était terminé, il ne voulait plus de lui ! Au delà de l'indignation, Fidèle était en colère. Comment osait-il lui faire sa ? A lui ? Ses pensées s'accompagnèrent d'un grognement.
-Mais t'inquiète pas, on se voit se soir à la maison, je serais rentrée à l'heure du diner. Allez, sois sage.
°Alors là tu peut toujours courir !° pensa-il. Comme si il était un de ces chiens apprivoisés qui obéissent au doigt et à l'œil ! Très bien. De toute manière, Zephir ne pouvait pas se passer de lui, il n'était rien sans lui. Fidèle était certain que Zephir le chercherait dans toute la ville d'ici quelques temps en s'excusant d'avoir été aussi rustre avec un ami aussi dévoué.
N'attendant même pas sa réponse, Zephir partit. Fidèle prit le chemin opposé et s'enfonça dans la ville, seul. C'était quelques chose de simple pour un quadrupède de son espèce, mais qui ne lui était pas arrivé depuis ... Oh, mieux ne fallait-il pas y penser !  |
|  | | Kermaat Garthésia Famille Garthesia


Nombre de messages: 136 Age: 25 Date d'inscription: 27/02/2008
.:: Le Carnet ::. Âge du Personnage: 40 ans Profession: Herboriste
 | Sujet: Re: Chez l'Herboriste (sujet commun BOUTIQUE) Dim 4 Oct - 21:17 | |
| Au retour de l'Enterrement de Cyclae, le coeur de l'Herboriste était encore lourd. Elle avait trop de pensées en tête, trop de tourments, car ces funérailles rappelaient trop celles de Zéphir, qui l'avait vues pleurer toutes les larmes de son corps, bien sûr, à l'abri des regards, cachée dans sa boutique. Elle avait fermé l'échoppe durant plusieurs jours ensuite, trop meurtrie. Car il sembla qu'elle n'avait réellement réalisé que son Cousin était mort, seulement en le voyant dans ce tombeau, en observant d'un oeil vitreux la terre qu'on emplissait dans le caveau... Ce Cousin qui avait sans cesse cherché son amour sans qu'elle n'y cède. Par peur. Comme si elle s'interdisait ce sentiment envers cet homme qui l'aurait rendue heureuse. Par crainte de ressentir, d'aimer, d'être comme toutes ces femmes Olariles qu'elle jalousait. Alors qu'elle avait eu à sa portée, tous ces plaisirs et tous ces bonheurs qu'elle chérissait et qui la rendaient si grognon. Ce manque-là qu'elle avait fait en sorte de ne jamais palier, presque inconsciemment. Elle en était la victime mais la première fautive, et aujourd'hui, à l'enterrement de l'Edorta, elle avait réalisé une nouvelle fois que le seul homme lui ayant adressé de l'affection était mort sans qu'elle n'ait pu lui avouer ses sentiments réciproques... Elle avait été cruelle, toutes ses années, pensant que ce serait pour leur bien commun, du moins pour le sien, à lui, songeait-elle. Et pour quel résultat ?
Elle rentra dans l'échoppe sans prêter attention aux grondements sourds de la Gérax, ni à cet épais nuage qui s'avançait, trop préoccupée à retenir ses larmes. On penserait qu'elle pleurait Cyclae... Mais c'était la révélation de cette vie ratée et les regrets, les remords qui l'assaillaient. La Boutique resterait fermée, toute la journée, elle le décida. Lorsqu'elle s'avança dans les allées pour se diriger dans la petite arrière salle où elle avait l'intention de s'enfermer à double tour, pour laisser libre court à ses sanglots, elle n'entendit pas non plus le verre qui se choquait : les fioles se cognaient sous les premiers signes, avant coureurs, des secousses approchant.
Elle n'entendait plus rien, et son seul œil valide était trop embrumé pour constater que, derrière la fenêtre, la brume noire emplissait les rues. Les explosions non plus n'eurent pas son attention, et pire, elle ne se rendit plus compte de rien, lorsqu'elle avala le contenu d'un petit verre. Le liquide était ocre, presque brun, et l'odeur forte... Cette plante-ci n'était pas recommandée pour rester alerte, ce n'était ni de l'alcool, ni un remède que les Guérisseurs prescrivent. Non, c'était ce qui permettait de calmer la douleur des chevaux ou des bœufs blessés, si fort que quelques gouttes suffisent...
Le verre entier était vide, désormais, elle sentit sa tête tourner immédiatement, si bien que les hurlements de peur, les bruits assourdissants de la Caserne, puis de la Cité Edorta qui s'effondraient littéralement lui sembla être un effet secondaire, un délire. Elle leva la main, qui tremblait comme si elle agissait indépendamment, pour relever son bandeau de cuir, dévoilant un œil boursoufflé, lacéré, à la couleur blanche terrifiante, abjecte cécité.
Cet œil qui ne voyait plus rien, ne put constater que déjà, les murs de l'arrière salle tremblaient trop violemment, que les joints des pierres s'effritaient, que les pierres elles-même commençaient à s'ébranler, et que certains morceaux tombaient au sol, avec pourtant un bruit significatif. Mais ce n'était rien comparé au son lugubre que firent les poudres de bois, à l'étage, vieille demeure qui cédait sous les secousses. La toiture elle aussi ne put résister, le bois lâcha et les tuiles énormes tombèrent toutes ensembles, sur la chambre du vieil Oncle qui sommeillait : l'homme était sourd, et dormait du sommeil du Juste. La boisson faisait tant d'effet que Kermaat avait des nausées, qu'elle entendait son coeur dans ses oreilles au point de la rendre elle aussi sourde, elle voyait devant cet œil valide des formes indistinctes venir et repartir ; elle avait l'impression que la fenêtre avait explosé, qu'au dehors, des gens courraient, elle vit une pluie de tuiles tomber en averse sur deux Olarils paniqués, qui furent écrasés et bombardés par les pans de toit.
Mais elle n'eut pas le temps de souffrir. Avant même d'avoir à se poser la moindre question, alors qu'elle se pensait en plein délire, la seule poutre qui tenait le plafond fut trop faible pour tenir l'étage effondré. Elle leva le nez sans conviction, et une pierre tomba, la première, sur son visage. Le sang gicla, et sans ressentir aucune douleur, elle ne vit plus qu'un noir total et rassurant : son œil droit avait été crevé par la pierre, la souffrance rendue invisible par la boisson avalée. Quelques fractions de secondes après ce premier jet, ce fut le plafond lui-même qui vint écraser la Garthésia, alors que toute la boutique qui s'affaissait, dans un nuage de poussière et des hurlements. |
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